Quand on cherche la copie d'un film de Jean-Luc Godard pour le diffuser, il arrive qu'on appelle la société de production de Godard. Parfois il arrive que ce soit Godard lui-même qui décroche. La réponse est toujours la même : pour obtenir ses films, il faut s'adresser soit à l'INA, soit à Gaumont. Godard ne distribue pas ses films, deux institutions s'en occupent : l'INA et la société Gaumont, l'Institut National de l'Audiovisuel et Gaumont. Division du cinéma qui est celle de tout art, à laquelle renvoie immédiatement Godard. C'est sa seule réponse : INA, Gaumont.
Ce n'est pourtant pas la seule division en laquelle le cinéma se structure. Il y a une première division qui se situe avant entre : cinéma mondain et cinéma populaire. Pourquoi Godard parle t'il de la seconde division et pas de la première. Pourquoi il ne parle pas au téléphone de la première division, alors qu'il n'est question que de ça dans ses films.
Les films de Godard sont du côté du populaire, mais ce n'est pas Godard qui tranche. Ce qui tranche c'est le Peuple. Entre art mondain et art populaire, c'est le Peuple qui fait le départ.
Le Peuple est cette raison qui a toujours raison et qui n'a de cesse que de trancher, de tracer des lignes de partage, car le Peuple non seulement sépare le Peuple du monde, mais encore n'existe que dans ce tranchant qu'il exerce. Mais le Peuple ne suffit pas, il lui faut encore le génie. Dans le champs du cinématographe, le génie c'est la pensée Godard. Le Peuple tranche dans le cinéma à travers la génialité du regard et du travail de Jean-Luc Godard.
- La projection ?
- C'est là. [ Masculin, féminin de Jean-Luc Godard ]
Est génial, non point, un individu mais un sujet réel, autrement dit, un être déterminé par de l'autre que lui même, de telle manière que cet autre, qu'il opère comme sujet, soit encore ce qui parle, écrit, peint, invente à travers lui. C'est peu dire que la génialité ne va pas de pair avec son intelligence. Bien plus, il faut tenir que le génie est le sujet qui, pour l'essentiel, ne sait pas ce qu'il dit. Reste qu'il ne suffit pas pour qu'on puisse parler de génie, qu'un sujet ne s'appartienne pas. Il faut encore qu'il parle, écrive, peigne, invente pour sortir de cette vie-ci et du monde qui l'enveloppe.
- « On allait souvent au cinéma, l'écran s'éclairait et on frémissait. Mais encore plus souvent aussi, Madeleine et moi, on était déçu. » [ Masculin, féminin de Jean-Luc Godard ]
Le cinéma de Godard trouve une solution dans les situations désespérées.
- « Mais encore plus souvent aussi, Madeleine et moi, on était déçu. Les images dataient et sautaient et Marilyn Monroe avait terriblement vieillie. On était triste. Ce n'était pas le film dont nous avions rêvé. Ce n'était pas ce film total que chacun parmi nous portait en soi,… » [ Masculin, féminin de Jean-Luc Godard ]
Le cinéma de Godard trouve une solution dans les situations désespérées…
- « …ou plus secrètement sans doute que nous aurions voulu vivre. » [ Masculin, féminin de Jean-Luc Godard ]
… par quoi il se nomme : CINEMA EN (L)ARMES
Ce cinéma là, substitue la théorie à la pratique et à son désespoir terroriste. Il substitue le travail à la paix et au divertissement. Il substitue la pensée prolétarienne aux mondanités du savoir, de l'ignorance et de l'entre-deux culturel.
THEORIE + TRAVAIL = PENSEE PROLETARIENNE
Dans le cinéma en larmes est encore engagé l'institution du travail cinématographique comme Amour. Si Godard, alors au téléphone, ne parle pas de la première division, c'est qu'il n'a pas à en parler, il n'a qu'à la faire. C'est à une institution, c'est au Dojo cinéma qu'il revient d'en parler. Nous sommes comme Godard qui n'a que l'amour du travail et rien d'autre.
NOUS SOMMES COMME GODARD QUI N'A QUE L'AMOUR DU TRAVAIL ET RIEN D'AUTRE